Invigilation
Invigilation, c'est le petit nom qu'on donne à la surveillance d'examens. Attention, ce n'est pas à la portée de tout le monde : pour avoir le droit de vérifier qu'un (et un seul) étudiant ne triche pas, j'ai eu droit à une après-midi de formation qui, vous vous en doutez, était très formatrice. Pour avoir le droit de surveiller une salle entière, il faut passer une semaine à apprendre toutes les ficelles du métier : on s'entraîne à distribuer les copies, à accompagner un étudiant aux toilettes...
Toujours est-il que j'ai suivi cette après-midi de formation il y a quelques temps. Jusqu'alors, je n'avais jamais rien fait d'aussi ennuyeux, et il aurait donc été bête de ne pas mettre à profit les nombreuses connaissances qu'on m'y avait transmises. Ce matin, grande première : un jeune homme de Worcester College s'est cassé le poignet, et a donc droit à du temps supplémentaire pour son examen portant sur Voltaire et Diderot. Du temps supplémentaire, ça veut dire qu'il avait une salle à lui tout seul, et comme il était seul, j'avais le droit de le surveiller.
Lorsqu'on passe un examen, il faut se déguiser, sinon ce serait trop facile. Quand on surveille un examen, c'est pareil : il faut mettre son noeud papillon et tout ce qui va avec, sinon, ce ne serait pas assez relou. Du coup, étudiants et surveillants (on dit invigilators) sont habillés exactement pareil, donc impossible de les différencier, super pratique. Enfin là, on était deux, donc ça allait, j'ai réussi à ne pas le confondre avec moi-même.
Ce jeune homme avait droit à 3 h 30 pour écrire sa dissert au lieu des trois heures habituelles. Et en trois heures trente, je n'avais pas le droit d'écrire, lire, ni quoi que ce soit d'autre. Enfin si : il fallait que j'écrive à chaque fois que quelque chose se passait dans la salle, par exemple que je l'accompagnais au toilettes. Malheureusement, je n'ai jamais eu à ouvrir la fenêtre, ça m'aurait fait quelque chose à noter. Et j'avais le droit de lire les nombreuses règles, ce qui mine de rien prend une demi-heure.
Restaient donc trois heures à tuer. Trois heures bien pires que celles passées à apprendre à surveiller : je me suis tellement ennuyé que j'ai réussi à me convaincre que j'avais suffisamment de temps libre pour m'occuper d'un blog. Clairement, c'est une illusion.
Toujours est-il que j'ai suivi cette après-midi de formation il y a quelques temps. Jusqu'alors, je n'avais jamais rien fait d'aussi ennuyeux, et il aurait donc été bête de ne pas mettre à profit les nombreuses connaissances qu'on m'y avait transmises. Ce matin, grande première : un jeune homme de Worcester College s'est cassé le poignet, et a donc droit à du temps supplémentaire pour son examen portant sur Voltaire et Diderot. Du temps supplémentaire, ça veut dire qu'il avait une salle à lui tout seul, et comme il était seul, j'avais le droit de le surveiller.
Lorsqu'on passe un examen, il faut se déguiser, sinon ce serait trop facile. Quand on surveille un examen, c'est pareil : il faut mettre son noeud papillon et tout ce qui va avec, sinon, ce ne serait pas assez relou. Du coup, étudiants et surveillants (on dit invigilators) sont habillés exactement pareil, donc impossible de les différencier, super pratique. Enfin là, on était deux, donc ça allait, j'ai réussi à ne pas le confondre avec moi-même.
Ce jeune homme avait droit à 3 h 30 pour écrire sa dissert au lieu des trois heures habituelles. Et en trois heures trente, je n'avais pas le droit d'écrire, lire, ni quoi que ce soit d'autre. Enfin si : il fallait que j'écrive à chaque fois que quelque chose se passait dans la salle, par exemple que je l'accompagnais au toilettes. Malheureusement, je n'ai jamais eu à ouvrir la fenêtre, ça m'aurait fait quelque chose à noter. Et j'avais le droit de lire les nombreuses règles, ce qui mine de rien prend une demi-heure.
Restaient donc trois heures à tuer. Trois heures bien pires que celles passées à apprendre à surveiller : je me suis tellement ennuyé que j'ai réussi à me convaincre que j'avais suffisamment de temps libre pour m'occuper d'un blog. Clairement, c'est une illusion.
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